Crédits photo Benedyct Antifer

Les Anachroniques

Ce n’est sans doute pas un hasard si c’est à Toulouse, dans “la plus espagnole des villes françaises”, que nous sommes nés et que nous travaillons depuis plus de 25 ans, expression des liens d’amitié qui unissent la ville rose et l’Espagne voisine. Pourtant, le choix de la langue espagnole dépasse la seule volonté de promouvoir une culture et devient un véritable parti pris esthétique, comme une matière que l’on utilise pour s’exprimer, comme élément à part entière de notre propos artistique. Dans ce monde en crise, où les repères sont mouvants voire absents, nous voulons raconter des histoires : la grande ou la petite histoire, celle d’hier ou d’aujourd’hui, venues d’Espagne, d’Amérique Latine, d’ ailleurs, si lointaines et si proches à la fois, mais toujours l’histoire de ce que nous sommes. Ces histoires nous les proposons au public français dans leur version originale.

Nous sommes convaincus que la langue est l’expression d’une vision du monde et que les mots trouvent une résonance particulière dans leur prosodie, leur musicalité, leur poésie originales…
Nous avons toujours eu cette envie de faire entendre et de faire voir, de partager, de raconter, de faire sourire, de brusquer, de questionner. Plus d’un quart de siècle qu’avec notre équipe nous assaillons de questions l’homme, l’être humain et sa réalité. Nous nous sommes rencontrés autour de cette volonté de raconter l’homme, le monde, et de théâtraliser le réel. Nous sommes observateurs de ce monde qui nous entoure et nous voulons faire exploser les barrières. Que ce soit passant par l’espagnol, le français, la langue des signes, la musique, la photographie, le surtitrage, nous construisons des univers Anachroniques. Nous investissons tous ces éléments pour en faire des espaces nouveaux de création. Les différentes langues en place, la musique, la photographie, n’interviennent plus comme seuls moyens de communication mais bien comme de nouveaux signes qui servent une esthétique foisonnante, inspirée du baroque, de l’expressionnisme, du surréalisme, du réalisme magique. Notre travail autour du masque, du maquillage à base blanche, voire de l’argile, tout autant que la présence de différentes langues, donne à voir une réalité déformée, exacerbée, hypertrophiée.
Placé devant le miroir déformant de la scène, le spectateur se trouve confronté à une forme de monstruosité qui l’invite à questionner sa propre réalité.
Si le surtitrage et la LSF entendent solutionner les problèmes d’accessibilité liés à la langue, la démarche de la compagnie Les Anachroniques s’inscrit dans une réflexion plus globale autour de la question de l’accessibilité de la culture à tous, quels que soient les difficultés physiques, linguistiques, ou sociales… Chaque année nous nous efforçons de faire du Théâtre et de la Culture un outil pour tous, un espace de partage ; pour transmettre notre passion : des ateliers de formations, des créations jeune public, des interventions artistiques dans des domaines variés (recherche, santé, scolaire, universitaire, etc…). Pour être accessibles, la culture doit se mettre à disposition de tous, elle doit sortir des lieux dédiés à la culture pour investir les lieux de vie de tous les publics. Le théâtre est l’expression d’une culture en mouvement, qui se déplace et se met en scène pour créer des espaces de rencontre. Et c’est en allant à la rencontre de tous les publics que ces derniers pourront se réapproprier les lieux de culture.
Le public, les publics voilà finalement pourquoi nous faisons ce métier.
Nos sommes Anachroniques un peu hors du temps…toujours curieux, curieux de tout avec comme principale valeur l’idée de diversité.

 

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